
Mémoire verte
L'histoire de cette oeuvre
Celui-là, il est né d’une histoire. J’étais en train de raconter l’un des chapitres les plus fascinants et les plus sombres de l’histoire de la peinture — celle des verts toxiques, ces pigments à l’arsenic qui ont empoisonné l’Europe pendant plus d’un siècle. Le Vert de Scheele, le Vert de Paris. Des couleurs d’une beauté à couper le souffle, et d’une dangerosité que personne ne voulait voir.
Et pendant que je racontais cette histoire, je peignais. Il me fallait quelque chose qui incarne cette dualité — le beau et le mortel, la nature et le poison. Un crâne s’est imposé. Pas un crâne dur, pas un symbole macabre de film d’horreur. Un crâne doux, presque végétal, qui émerge des feuilles et des fleurs comme si la nature le reprenait doucement. Vert, évidemment. Ce vert translucide qui laisse passer la lumière à travers les lavis — exactement comme ces pigments qui fascinaient tant les peintres du XIXe.
Les fleurs roses et les baies sombres autour de lui, c’est la vie qui insiste. Qui pousse malgré tout. Ce petit nid de branchages sur lequel il repose, c’est ce qui reste quand le danger est passé — quelque chose de fragile, mais de tendre.
Cette aquarelle, c’est un memento mori à ma façon. Un rappel que la beauté a parfois un prix, mais que la nature finit toujours par reprendre ses droits.
Si tu veux voir la vidéo associée et la création de cet oeuvre : https://youtu.be/zOkxtoJ3d30
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