Volvä du Printemps
L'histoire de cette oeuvre
Elle est apparue comme ça, presque d’un souffle — une völva, une prophétesse des anciens temps nordiques, mais habillée par le printemps. Je voulais peindre une figure qui porte à la fois la magie et la douceur, quelque chose d’ancien et de fleuri en même temps. Ses bois de cerf s’élancent vers le ciel, chargés de petites fleurs pâles et de feuilles vertes, et ses longs cheveux violet-rose se déversent autour d’elle comme une rivière en crue — c’est ce dégradé, ce passage du mauve profond vers le rose vif, qui m’a donné le plus de bonheur à peindre. Les petits chapelets de perles grenat qui s’enroulent dans la composition, ce sont ses fils invisibles, ceux qu’elle tire pour lire le destin.
Ce qui me touche dans ce portrait, c’est ce regard — légèrement de côté, un peu mystérieux, comme si elle savait quelque chose que tu ne sais pas encore. Le croissant de lune tatoué sur son front, les marques sur sa joue, les fleurs glissées derrière son oreille… tout ça raconte une femme qui vit entre deux mondes, entre la forêt et le sacré, entre le visible et ce qui frémit juste en dessous. La mise en situation l’a placée devant ce jardin baigné d’une lumière dorée et chaude, et j’ai trouvé que c’était exactement son univers — un seuil, une porte ouverte sur quelque chose de beau et d’un peu mystique.
Je l’ai peinte sur papier coton 300g, et cette texture granuleuse a donné aux aplats de rose poudré et de prune quelque chose de vivant, presque de velouté. C’est une œuvre qui m’a demandé de la lenteur et de la tendresse — chaque petite fleur posée une à une, chaque perle ponctuée au fin pinceau. Elle me ressemble dans ce qu’elle dit : que la magie, ce n’est pas forcément quelque chose de sombre ou d’intimidant. Parfois, elle a des cheveux roses et elle sent les fleurs de cerisier.
Cette oeuvre vous appelle ?


